Pourquoi intégrer les pédagogies alternatives dans nos vies?

Qu’est-ce que la pédagogie alternative?

Selon le Larousse, la pédagogie désigne «L’ensemble des méthodes utilisées pour éduquer les enfants et les adolescents. C’est une pratique éducative dans un domaine déterminé; méthode d’enseignement. 

Quand on parle de pédagogie alternative on parle de toutes les approches qui sont dites nontraditionnelles/conventionnelles.

On différencie également pédagogie active de la pédagogie passive. La différence est que lorsqu’elle est active, on se concentre sur l’apprenant. On l’implique dans le processus, on lui fait prendre des décisions. Il y a une interaction avec l’élève ou l’étudiant. Dans le cas de la pédagogie passive, c’est un enseignement unilatéral. Le professeur enseigne, les étudiants écoutent. 

Dans cet article, je parlerai surtout des pédagogies actives.  Si je pense à Montessori par exemple, l’enfant apprend à « faire seul ». Il apprend à se servir à boire, à manger, à s’habiller, à coudre. On lui apprend à lire et à compter dès l’âge de 3 ans. Certains apprennent même à coudre. 

Quelques approches connus de la pédagogie alternative

Tu l’auras compris, il existe plusieurs approches alternatives distinctes, la plus populaire étant sans contredit Montessori. Il y a aussi Freinet, Steiner-Waldorf, Decroly et j’en passe. Dans chacune de ces pédagogies, l’élève est mis à contribution dans ses apprentissages. D’ailleurs, savais-tu que chacune de ces pédagogies à vue le jour à la fin du 19e siècle/début du 20e siècle?

Montessori

On commence avec la plus populaire. Montessori. Le slogan de l’approche : « Aide-moi à faire seul » veut tout dire. Avec Montessori, on dispose notre aménagement de façon à ce que tout soit accessible aux enfants. Dès la naissance… Exit le tapis d’éveil, la chaise vibrante, le trotteur et alouette. On appellera cet espace le nido. Tout sera placé pour s’adapter au développement du bébé, de la couleur présentée en passant par les interactions avec lui et du mobilier présent dans la chambre de bébé. On installera un coin communément appelé le nido qui favorise la motricité libre.

(crédit photo: TPL moms)

À mesure que l’enfant grandit, on adapte des plans de travail pour stimuler ses périodes dites sensibles. Pour chaque âge, il y a une période sensible où l’enfant sera intéressé par une sphère X de son développement. Par exemple, entre 18 mois et 4 ans, ce sera la période sensible à la coordination des mouvements, c’est-à-dire qu’il va exercer sa motricité. Il apprend à grimper, sauter, courir, découper, dessiner, écrire, etc.

Cette pédagogie, bien que merveilleuse, reste un excellent exercice de lâcher prise. Imagine-toi en train de dire à ton enfant de 2 ans à se servir son verre de jus dans un verre standard et non pas dans son gobelet habituel. Une partie de toi panique.

Tu te dis :

« Ah non, il va faire un dégât, c’est sûr, je vais devoir ramasser et blabla…»

Une autre partie de toi est fière de se dire que ton petit être humain est rendu là dans son développement.

Avec la pédagogie Montessori voit le processus de cette façon :

– Ton enfant apprendra non seulement à verser son propre verre de jus, mais il pourra adapter sa façon de le faire à l’avenir.  – Il pratique sa motricité.  – Il apprend à se responsabiliser. Il peut (et veut sûrement) nettoyer son dégât.  – Il voit de ses yeux ce qu’est la relation «cause à effet». Je me sers un verre de jus, je ne réussis pas, il y a un dégât.. donc la prochaine fois je le ferai de telle façon. 

Tout est sujet à apprentissage.

Quand l’enfant atteint l’âge scolaire, il a déjà une base. Il continue ses apprentissages par la manipulation, par l’expérimentation, l’essai et l’erreur.

Par exemple, pour apprendre à additionner, on utilise des objets comme des grains de riz. Pour se familiariser avec certains concepts, on utilise des cartes de nomenclatures, on construit des poutres du temps, etc.

(crédit photo : Classe de demain)

Freinet

Si dans la pédagogie Montessori, l’apprentissage est fait sous forme de travail, avec Freinet, on apprend par le jeu. Chez Freinet on fait l’hypothèse que l’enfant a ce qu’il faut en lui pour apprendre de lui-même. Célestin Freinet (à l’origine de la pédagogie) comparait l’acquisition de connaissance à l’apprentissage de la marche. L’élève expérimente donc pour s’auto-corriger. Il est l’auteur de ses propres apprentissages. On fonctionne beaucoup par projet, apprentissage avec les pairs et de façon individuel. Aussi, dans la pédagogie, l’adulte est pratiquement placé sur le même pied d’égalité que l’enfant. L’opinion de l’élève compte lorsque vient le temps de prendre des décisions qui ont un lien avec le milieu de vie.

Autre particularité, il n’y a pas de manuel scolaire dans cette approche. M. Freinet considérait que les manuels scolaires étaient contre productifs et qu’ils nuisent à la libre expression des enfants. Il les invite par le fait même à observer leur environnement pour apprendre. Célestin les amènent à se questionner. D’où vient tel aliment? Comment est-il fait? Comment l’eau arrive-t-elle jusque dans ma maison? Etc. L’environnement de base d’un enfant est un monde à découvrir et il y a une multitude de connaissances qui peuvent être acquises.

À la maison, vous pouvez amener votre enfant faire une promenade en forêt. Questionnez-vous sur les différents types d’arbres, sur les animaux qui peuvent être croisés, etc. En mathématiques, faites des recettes. Laissez votre enfant faire ses expériences en tentant de ne pas trop intervenir.

(crédit photo: classe-de-demain)

La ludopédagogie

Apprendre en s’amusant. Avez-vous déjà remarqué comment vous appreniez? En chantant, en recopiant vos notes? Avez-vous déjà pensé à mémoriser un concept en vous amusant? En apprenant par le jeu, on évite le découragement.  L’exemple le plus simple est l’alphabet. Pour la plupart d’entre nous, on l’a appris en chantant. Nos chiffres, on les a appris en jouant à la cachette ou en chantant « La souris à bicyclette». Pourquoi ça ne resterait pas ainsi une fois rendu à l’école?

Avec la ludopédagogie, l’élève est encore une fois partie prenante de son apprentissage. Il s’implique en participant au jeu et bien souvent il ne se rend même pas compte qu’il apprend. 

Pour apprendre les additions, les jeux de société traditionnels sont merveilleux. Vous pouvez d’ailleurs vous fier au guide de jeux de La Ribouldingue pour savoir quel jeu pourrait correspondre à la compétence que vous voulez travailler avec votre enfant.


(crédit photo: c’estlejeu)

Il existe plusieurs autres pédagogies dites actives, mais avec Montessori, Freinet et la ludopédagogie, on peut facilement adapter les différentes interventions qu’on peut faire avec notre enfant pour l’aider dans ses apprentissages. De votre côté, quelle pédagogie vous attire le plus?